Dormir (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
I.
( je dors, nous dormons ; je dormais, nous dormions ; je dormis ; je
I. Être en état de sommeil. Avoir envie de
II. Par anal.
1. Demeurer inactif au lieu de travailler, au lieu d'agir. Dormir sur son travail, travailler sans hâte, sans entrain. Fam. Il faut te remuer, ce n'est pas le moment de
2. Rester inemployé ; être improductif. La vieille voiture dormait depuis trente ans au fond du garage. Un vieux rouet dort dans un coin du grenier. Son argent, ses capitaux dorment, ils ne sont pas investis, ils ne produisent aucun revenu. Laisser
3. Être négligé, oublié, à l'abandon. Le dossier de cette requête dormait dans les cartons du ministère. Laisser
4. En parlant d'une eau. Stagner, sembler immobile. Les eaux du canal dorment sous les arches du pont. L'étang dort au creux du vallon.
5. Par anal. En parlant de certaines plantes. Contracter ses feuilles ou fermer ses corolles pendant la nuit. La belle-de-jour dort la nuit. Être en état de dormance. La végétation dort en hiver.
III. Expressions et proverbes. Avec l'idée de sommeil profond. Dormir à poings fermés. Dormir comme un loir, comme une marmotte. Dormir comme une souche, comme un sabot, comme une bûche. Dormir d'un sommeil de plomb. Dormir du sommeil du juste,
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
("Je dors; nous dormons. Je dormais. Je dormis. Je
"Dormir d'un bon somme, de bon somme," Dormir d'un sommeil tranquille.
On dit aussi, transitivement, "Dormir un bon somme. Dormez votre sommeil."
Fam., "Dormir la grasse matinée," Dormir bien avant dans le jour, se lever fort tard.
Par exagération, "Dormir debout, tout debout," Éprouver le besoin du sommeil au point de s'assoupir même sans être couché ou assis.
"Conte à
Prov. et fig., "Qui dort dîne," Le sommeil tient lieu de nourriture.
Fig., "Le bien, la fortune lui vient en dormant," se dit en parlant d'une Personne qui devient riche sans rien faire.
"Éveiller le chat qui dort." Voyez
Fig. et fam., "Cette toupie, ce sabot dort," se dit d'une Toupie, d'un sabot qui tourne si vite que le mouvement en est imperceptible.
Pop., "Dormir comme un sabot," Dormir profondément et sans aucun mouvement.
Fam., "Dormir comme une marmotte," Dormir longtemps et profondément. On dit de même "Dormir comme un loir."
Fig. et fam., "Dormir sur les deux oreilles," Être en pleine sécurité. "Je veillerai à votre affaire, dormez sur les deux oreilles."
Fig. et fam., "Ne
Fig. et fam., "Il n'en dort pas," se dit de Quelqu'un qui est tenu en éveil par une vive espérance ou une crainte incessante.
Fig., "Laisser
Il se dit encore figurément des Eaux qui n'ont point de mouvement, ou dont le mouvement est imperceptible. "Il fait beau pêcher où l'eau dort."
Prov. et fig., "Il n'y a pire eau que l'eau qui dort," se dit de Quelqu'un qui cache ses desseins, sa vraie nature.
Dictionnaire d'Emile Littré
1 Reposer dans le sommeil. Il dort profondément. Le malade va mieux, il a dormi d'un bon somme. Il dormait quelquefois dans le jour.
CORN.: « Pourras-tu dans son lit
SCARRON: « Trop
LA FONT.: « Guillot, le vrai Guillot, étendu sur l'herbette, Dormait alors profondément »
LA FONT.: « Cette réflexion embarrassant notre homme, On ne dort pas, dit-il, quand on a tant d'esprit »
LA FONT.: « T'attendre aux yeux d'autrui, quand tu dors, c'est erreur »
LA FONT.: « Je ne
BOILEAU: « Ce n'est qu'à prix d'argent qu'on dort en cette ville »
BOILEAU: « C'est là que le prélat, muni d'un déjeuné, Dormait d'un léger somme, attendant le dîné »
RAC.: « Mais tout dort et l'armée et les vents et Neptune »
LA BRUY.: « La vie est un sommeil ; les vieillards.... ont eu un songe confus, informe et sans aucune suite ; ils sentent néanmoins, comme ceux qui s'éveillent, qu'ils ont dormi longtemps »
VOLT.: « Tout dort, tout est tranquille ; et l'ombre de la nuit.... »
SÉGUR: « La nuit finissait, il était quatre heures, tout dormait encore dans les bivouacs de Delzons, hors quelques sentinelles, quand tout à coup.... »
Dormir à bâtons rompus, être réveillé, se réveiller plusieurs fois sans pouvoir faire un somme continu.
Dormir comme un loir,
Dormir comme une souche, être profondément endormi.
Dormir tout debout, ou, simplement,
Conte à
SÉV.: « Voilà ce qui s'appelle des contes à
SÉV.: « Les contes à
Dormir sur l'une et l'autre oreille, et, plus souvent, sur les deux oreilles,
LA FONT.: « .... Je lui conseille De
Dans un sens opposé, ne
LA FONT.: « Certain jaloux ne dormant que d'un oeil »
Dormir en lièvre,
LA FONT.: « Cette crainte maudite M'empêche de
Il n'en dort pas, se dit d'un homme qu'une vive espérance, une crainte incessante, une préoccupation assiége constamment.
Fig.
CORN.: « Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre »
2 Dormir se dit aussi de ce qu'on a nommé le sommeil des plantes.
DELILLE: « Le soir, de nos jardins parcourez les carreaux ; Voyez, ainsi que nous, sur leurs tiges baissées S'assoupir de ces fleurs les têtes affaissées, Et, dormant au lieu même où veilleront leurs soeurs, Du nocturne repos savourer les douceurs »
3 Dans le langage biblique,
SACI: « Sa maîtresse [de Joseph] le prit par son manteau, et lui dit encore : Dormez avec moi »
4 Dormir construit avec des substantifs et ayant en apparence, mais en apparence seulement, le sens actif. Le malade a dormi plusieurs heures de suite.
Dormir la grasse matinée (c'est-à-dire
Dormir sa réfection,
MOL.: « Le sommeil est nécessaire à l'homme ; et lorsqu'on ne dort pas sa réfection il arrive que.... »
5 Dans le style élevé, il se dit du sommeil de la mort.
BOSSUET: « Elle va descendre à ces sombres lieux, à ces demeures souterraines, pour y
SACI: « Vous serez vous-même réduit en poudre au milieu des incirconcis, et vous
MASS.: « Ses vices
DUCIS: « ....c'est ici que dorment nos aïeux »
M. J. CHÉN.: « J'ai suivi mon époux jusqu'aux tombes sacrées Où dorment des Césars les cendres révérées »
A. DE MUSSET: « Les morts dorment en paix dans le sein de la terre ; Ainsi doivent
6 Fig. Être en repos, en sécurité.
MIRABEAU: « Nous ne connaissons que notre confiance dans le ministre et le malaise que nous éprouvons : nous ne dormons que parce qu'on dort au pied du Vésuve »
7 Fig. Ne point agir quand on devrait le faire.
MOL.: « Aux menaces du fourbe on doit ne
HAMILT.: « L'habitude de se laisser voler par ses domestiques, jointe à la vigilance du coupable, à qui son maître ne pouvait reprocher d'avoir dormi dans son service, le portèrent à la clémence »
VOLT.: « Tu dors, Brutus, et Rome est dans les fers »
DUCIS.: « Dans tous les lieux, sans cesse, ouvrant l'oeil et l'oreille, En paraissant
En matière féodale, quand le vassal dort, le seigneur veille, ou quand le seigneur dort, le vassal veille, c'est-à-dire quand l'un des deux néglige d'user de ses droits, l'autre en profite.
Familièrement. Cet homme ne dort pas, se dit d'un homme à l'affût de toutes les circonstances qui lui sont favorables.
Dormir sur une affaire, la conduire lentement, doucement.
Laisser
BÉRANG.: « Oui je dormais sur un petit volume Qui me vaudra d'être encore étrillé »
Laisser
Laisser
J. J. ROUSS.: « Sparte elle-même a laissé
Laisser
Laisser
8 Rester immobile, être sans mouvement, en parlant des choses. Il fait beau pêcher où l'eau dort.
On dit qu'un sabot, qu'une toupie dorment, quand le mouvement qui les anime est si rapide qu'ils semblent immobiles.
Fig. Dormir comme un sabot,
Terme de marine. On dit que le sablier dort, quand on a oublié de le retourner ; qu'une rose des vents dort, quand elle ne tourne pas, le bâtiment changeant de route. Laisser
9 V. a. Dans le langage élevé et dans cette seule locution,
BOSSUET: « Dormez votre sommeil, riches de la terre, et demeurez dans votre poussière »
SACI: « Tous les riches ont dormi leur sommeil, et, lorsqu'ils se sont éveillés, ils n'ont rien trouvé dans leurs mains »
Par une même figure grammaticale, mais dans le langage familier,
C'est par analogie de cet emploi que A. de Musset a hasardé dormi au passif : Suis-je pas belle encor ? pour trois nuits mal dormies Ma joue est-elle creuse et mes lèvres blêmies ? dans le Dict. de POITEVIN.
On trouvera à l'historique :
10 S. m.
LA FONT.: « Le long
LA FONT.: « Que les soins de la Providence N'eussent pas au marché fait vendre le
PROVERBES
MOL.: « Mais il n'est, comme on dit, pire eau que l'eau qui dort »
REGNARD: « Les biens nous viennent en dormant, je vous assure »
Jeunesse qui veille et vieillesse qui dort, c'est signe de mort.
Il ne faut pas réveiller le chat qui dort, il ne faut pas renouveler une méchante affaire qui est assoupie. à l'historique, on trouve : réveiller le chien qui dort, ce qui est mieux.
REMARQUE
Les douze heures que j'ai dormi et non dormies. L'apparence de verbe actif disparaît quand on restitue l'ellipse : Les douze heures pendant lesquelles j'ai dormi.
HISTORIQUE
XIème siècle
Ch. de Rol. LV: Charles se dort, li empereres riches
ib. CLXXX: Par touz les prez or se dorment li Franc
XIIème siècle
Ronc. p. 163: Que il m'avint anuit [cette nuit] en mon dormant
Couci: Ne fausse amors ne veut que s'entremete De moi laisser
Liber psalm. p. 101: Il
Machabées, I, 6: Li
XIIIème siècle
H. DE VALENC.: « Là
Berte, XIII: Anuit avecques moi [je] ferai Bertain
ib. XLI: De peine et de travail [elle] dort si ferm et si dur
Liv. des mét. 213: Nus selier ne autres ne doit sele tainte garnie livrer, devant que ele est esté vernicie, se ce n'est sele dormant
la Rose, 13664: Trop de ledes choses aviennent à ceux qui tex [tels]
JOINV.: « L'en [on] se dort le soir [dans une navigation] là où en [on] ne scet se l'en se trouvera ou fons de la mer »
XIVème siècle
ORESME: « Quant l'en dort, il ne appert pas ne n'est manifeste qui est bon ou qui est malvois »
ORESME: « Celui qui dort ne vit pas, fors de tele vie comme vit une plante »
Liv. du bon Jehan, 1033: Mais Jehan tint leurs parolles Droictement comme frivolles, Et leur disoit : Vous faictes tort ; Vous esveillez le chien qui dort
XVème siècle
FROISS.: « Le deable, qui oncques ne dort, resveilla ceux de Bruges »
Bouciq. II, ch. 22: Nos gens ne
Hist. de Louis III, duc de Bourbon, p. 371, dans LACURNE: Il fit faire sa sepulture pour
LOUIS XI: « Et tant fit qu'il se trouva en la chambre où la levriere se dormoit »
XVIème siècle
DU BELLAY: « L'esprit troublé de mon cher pere Anchise En mon dormant haste mon entreprise »
DU BELLAY: « Filz de deesse, en quelle seureté Es-tu icy au
DU BELLAY: « Mais quand l'homme a perdu ceste douce lumiere, La mort luy fait
LANOUE: « Nos voisins ne dorment pas, et n'ont que trop de connoissance de nos desordres »
AMYOT: « Agesilaus dit que pour ce jour là il falloit laisser
RONS.: « Les vents sont assoupis, les bois dorment sans bruit »
LEROUX DE LINCY: « Qui dort grasse matinée, trotte toute la journée »
LEROUX DE LINCY: « Trop
MENARD: « L'autre sauvage qui avoit cependant dormy [perdu connaissance] du coup que le chevalier du dragon lui avoit donné, Don Flores de Grece, f° CXX, dans LACURNE. Neantmoins en y avoit-il bien de telx qui eussent eu grand mestier [besoin] de
la Marguerite des marguerites, cité dans Revue de l'Instr. publique, 19 juin 1862, p. 186: Essuyez de tristes yeux Le long gemir ; Et me donnez pour le mieux Un doux
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. dremi ; Berry, dourmir ; provenç.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE DORMIR. Ajoutez :
11 Il se dit d'un végétal pendant le temps où la séve n'a pas de mouvement.
PELLET: « Je conseille aussi l'échaudage, pratiqué lorsque la vigne dort, comme complément de l'épontage »
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
("Je dors, tu dors, il dort; nous dormons, vous dormez, ils dorment. Je dormais. Je dormis. J'ai dormi. Je
"Dormir d'un bon somme, de bon somme," Dormir d'un sommeil tranquille; et, "Dormir un bon somme," Dormir longtemps. Dans cette dernière phrase, "Dormir" s'emploie activement.
Fam., "Dormir la grasse matinée," Dormir bien avant dans le jour, se lever fort tard.
Par exagérat., "Dormir debout, tout debout," Éprouver le besoin du sommeil au point de s'assoupir même sans être couché ou assis.
Fig. et fam., "Conte à
Fig. et fam., "Dormir sur une affaire," Prendre du temps pour en délibérer.
Prov. et fig., "Qui dort dîne," Le sommeil tient lieu de nourriture.
Prov. et fig., "Le bien, la fortune lui vient en dormant," se dit en parlant D'une personne qui devient riche sans rien faire.
Prov. et fig., "Éveiller le chat qui dort," Réveiller une mauvaise affaire qui était assoupie, ou Chercher un danger qu'on pouvait éviter. "Il ne faut pas éveiller le chat qui dort. N'éveillez pas le chat qui dort."
Fig. et fam., "Cette toupie, ce sabot dort," se dit D'une toupie, d'un sabot qui tourne si vite, que le mouvement en est imperceptible.
Prov. et pop., "Dormir comme un sabot," Dormir profondément et sans aucun mouvement.
Fam., "Dormir comme une marmotte," Dormir longtemps et profondément.
Fig. et fam., "Dormir sur les deux oreilles, sur l'une et l'autre oreille," Être en pleine sécurité. "Je veillerai à votre affaire, dormez sur les deux oreilles."
Fig., "Laisser
Fig., "Laisser
Fig., "Laisser
Fig., "Laisser
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit encore figurément Des eaux qui n'ont point de mouvement, ou dont le mouvement est imperceptible. "Il fait beau pêcher où l'eau dort."
Prov. et fig., "Il n'y a point de pire eau que l'eau qui dort," Les gens sournois et taciturnes sont ceux dont il faut le plus se défier.
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, figurément, Ne point agir quand on le devrait, agir négligemment. "Il devrait faire des démarches très-actives, mais il dort. Tu dors, Brutus."
En Matière féodale, on disait, "Quand le vassal dort, le seigneur veille," et "Le vassal veille quand le seigneur dort," pour exprimer que, Quand l'un des deux négligeait d'user de ses droits, l'autre en profitait.
Fam., "Cet homme ne dort pas," Non-seulement il ne néglige pas ses intérêts, mais encore il cherche à profiter de toutes les occasions qui peuvent le servir.
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie quelquefois substantivement, dans le sens propre. "Cette affaire l'occupe à un tel point, qu'il en perd le
Emplacement dans le dictionnaire :
| doreur dori dorique dorloter dorman dormant dormeur | dormeuse dormille dormitif dormition doroir doronic | dorsal dorsay dorsch dortoir dorure doryphore dôs |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)...n'entendrai plus, en t'écoutant, le bruit que fait mon coeur sur cette terre, ne te contente pas, océan, de jeter sur mon visage un peu d'écume : d'un coup de lame alors il te faut m'emporter pour dormir dans ton amertume. 6e LIVRE (i) Belle source, je veux me rappeler sans cesse qu'un jour, guidé par l'amitié, ravi, j'ai contemplé ton visage, ô déesse, perdu sous la mousse à moitié. Que n'est-il...
Citation n°2 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)
...las, si las comment danser, hélas ! -mets des fleurs dans tes cheveux et dansons, car je le veux. Je suis si triste, triste, comment rire, hélas ! -qu'un marmouset pleure, rions, car c'est l'heure. Dormir est si doux, que ne mourons-nous ! -ah, la mort, ah, n'est-ce une menteresse ? PÈL. PASS., BOCAGE, JE NAQUIS Je naquis au bord d'une mer dont la couleur passe en douceur le saphir oriental. Des lys...
Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)
...de son examen et disparut... la reine ne venait jamais dans ces quartiers de sa demeure, et son apparition, m'ayant confirmé dans cette idée que mon compagnon était inquiétant, m'ôta toute envie de dormir. Cependant l'inconnu ne bougeait plus ; son regard était redevenu vague et atone ; il avait oublié ma présence... on entendait dans le lointain des femmes de la reine qui chantaient à deux parties...
Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)
...de temps à autre des vallées profondes, des déchirures noires et tourmentées ; l'air devenait de plus en plus vif, et nous rencontrions de gros nuages, aux contours nets et accusés, qui semblaient dormir appuyés contre les mornes, les uns au-dessus de nos têtes, les autres sous nos pieds. 2e PARTIE, XX Le soir nous étions presque arrivés à la zone centrale de l'île tahitienne, -au-dessous de nous se...
Citation n°5 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)
...lui se laissant câliner comme un enfant. On essuya bien sa poitrine, ses épaules et ses bras, on lui mit des vêtements secs et on le recoucha en plaçant sous sa tête un sac pour qu'il pût mieux dormir. Quand il leur dit merci, un bon sourire, le premier, vint changer toute sa figure. C'était la fin ; son coeur était amolli et redevenu lui-même. Aujourd'hui, cela n'avait pas été bien long. Il...
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